En Moselle, un assemblier devient décolleteur

Eagle Industry France, qui assemble des clapets pour l’industrie automobile, a souhaité intégrer l’usinage. Pour étendre son savoir-faire, la PME s’est appuyée sur Citizen Machinery France S.A.S en s’équipant d’un parc de 25 tours A20VII en quelques mois seulement.

Un lot de vingt-cinq tours Citizen acquis en une seule fois. Voilà de quoi impressionner le visiteur. Soigneusement alignés dans un même atelier, divisé en trois îlots de production, ils tournent en 5×8. Mais ce qui surprend le plus, c’est d’apprendre que cette entreprise, dont le métier est d’assembler des composants, a mis seulement quinze mois pour achever trois lignes d’usinage et produire ses propres pièces aux critères de tolérances et de qualité très élevés. Et là, on se dit que rien n’est impossible quand on est un industriel mosellan. A Faulquemont, une commune du pays de Nied, dont une partie du territoire s’étend jusque dans le land allemand de la Sarre, au 5, avenue de Lorraine, Eagle Industry France (EIF) a rejoint depuis fin 2014 le rang des décolleteurs. Si son activité principale reste l’assemblage et le réglage de valves de commande pour les compresseurs de climatiseurs automobiles, la PME de 175 salariés a décidé de se doter de son propre atelier d’usinage. Une raison à cela. L’arrivée d’un nouveau clapet, électronique celui-là, les autres étant mécaniques et leurs composants produits par des partenaires sous-traitants, constitue un véritable défi technique pour l’entreprise, qui appartient au groupe japonais EKK, spécialiste des joints mécaniques. Car le modèle électronique est plus exigeant à fabriquer. « Il est composé de pièces maîtresses qui assurent une étanchéité par contact, avec des tolérances au micron, explique Myriam Leszczynski, ingénieur projet. Il s’agit de composants critiques, sur lesquels nous souhaitions maîtriser nousmêmes la qualité, et que nous avions du mal à sourcer en Europe, pour des raisons de qualité et de coût notamment. C’est pour cela que nous avons décidé de les produire en interne. »

Partir d’une feuille blanche

Entre 2009 et 2010, Eagle Industry France entreprend des travaux d’agrandissement pour y abriter son atelier de décolletage que supervise Aloyse Handler, responsable technique de l’usine faulquinoise. Il s’agit alors pour cet assemblier de partir de zéro et d’ajouter, en l’espace d’une dizaine de mois, un nouveau savoir-faire, celui du décolletage. Mais d’abord, il aura fallu choisir les machines.

Et c’est auprès de la société Citizen Machinery France S.A.S que la filiale de l’équipementier japonais de rang 2 s’est tournée. Pour usiner les pièces, qui constituent le coeur du clapet puisqu’elles doivent assurer une étanchéité (par contact) irréprochable, la PME dirigée par Denis Lorchat a choisi les tours à poupée mobile Citizen. C’est un étroit partenariat qui est scellé entre le fournisseur et son client, qui a vu un premier lot de quatre machines, des modèles A20VII, arriver en juin 2013 et dont le dernier remonte à septembre 2014. « Ce fut un véritable challenge, des deux côtés d’ailleurs », se souvient le directeur général de Hestika, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), Gilles Palefroy. Créer une usine à partir d’une feuille blanche n’a pas été une partie de plaisir. L’expérience et l’expertise de Citizen Machinery France S.A.S ont beaucoup compté dans la réussite de ce projet. Ce spécialiste de la vente de tours à commande numérique depuis plus de 40 ans « a été d’un grand support technique », reconnaît Cédric Koenigsecker, responsable de la production usinage à EIF. « J’ai passé un sacré nombre d’heures au téléphone avec M. Broisin (directeur technique à Citizen Machinery France S.A.S, Ndlr) », se rappelle celle qui a conduit ce projet un peu fou, avec l’appui de l’ingénieur japonais Akifuhi Fujii.

Découverte du décolletage

C’est dans la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, berceau du décolletage, où Hestika possède une agence à Cluses, que Myriam Leszczynski s’est rendue, pour découvrir ce savoir-faire, dont l’origine remonte à 1720. Technico-commercial à Citizen Machinery France S.A.S, Vincent Poulain lui fait visiter trois usines de décolletage.

Chaque tour Citizen A20VII est équipé d’appareils périphériques, qui ont été choisis pour garantir un usinage optimal. Autour de la machine-outil, alimentée par un embarreur allemand (proximité géographique oblige) FMB Minimag 20, se trouvent un groupe froid Daikin Inverter pour refroidir l’huile de coupe végétale Blaser Vascomill à 26°C, une unité à haute pression Müller Hydraulic Combiloop CL3, un convoyeur à copeaux Convaflex du Français Novaxess Technology et un système de filtration de l’air LNS Fox WS1500 pour éliminer les brouillards d’huile. Hestika ne s’est donc pas contentée de livrer une machine, mais le fournisseur a su proposer les bons équipements périphériques. « Il a eu avec nous un rôle d’assemblier d’une certaine manière », glisse M. Koenigsecker. Ce modèle du Japonais Citizen paraissait être le plus adapté aux objectifs de productivité d’Eagle Industry France, car le A20VII, tour à poupée mobile à peigne, dont la cinématique fait apparaître 6 axes, est « une machine homogène, simple à prendre en main, et surtout précise », assure le responsable de l’atelier. « Et avec des cotes qui tiennent dans une poignée de microns », ajoute Gilles Palefroy.

Trouver des compétences

Pôle emploi et l’Afpa (organisme de formation professionnelle qualifiante pour adultes demandeurs d’emploi) sont sollicités par Eagle Industry France pour trouver et former des opérateurs et techniciens d’usinage, des profils que la PME n’avait encore jamais recrutés. L’ensemble des services de l’entreprise est mobilisé et si ce projet a été rendu possible c’est grâce à « l’investissement de chacun », se souvient Myriam Leszczynski, qui n’oublie également pas « tout le travail réalisé par nos différents partenaires extérieurs, dont Hestika est l’exemple »

Aujourd’hui, le métier de décolleteur est rentré. Et la ligne de production a atteint, depuis l’été 2016, son rythme de croisière. « Nous avons lissé et stabilisé le process », indique la responsable du projet. « Nous entrons maintenant en phase d’amélioration, ajoute M. Koenigsecker. Nous avons acquis de l’expérience sur nos machines, pour cela nous nous sommes appuyés sur les connaissances techniques de Hestika. » Preuve que le processus global d’usinage est maîtrisé, les réunions techniques entre Hestika et EIG sont désormais espacées de quatre mois.

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